Hypocondrie, c'est grave docteur ? - Minizap Vallée de l'Arve
Santé

Hypocondrie, c'est grave docteur ?

Anxiété, surinterprétation des sensations corporelles, consultations médicales à répétition, certitude d'être atteint d'une grave maladie ou encore évitement social… tel est le quotidien des personnes hypocondriaques. Un accompagnement et des traitements sont nécessaires pour améliorer leur qualité de vie.

Entre 1 et 5 % de la population générale serait touchée par l'hypocondrie, ou la « peur maladive des maladies ». Souvent moquée ou minimisée, elle est pourtant une véritable pathologie, parfois désignée sous l'appellation de trouble anxieux lié à la santé. Il s'agit en effet d'une préoccupation démesurée d'avoir une maladie grave ou de pouvoir en développer une. Cette crainte constante génère ainsi de la souffrance, de l'anxiété et une importante détresse, ayant un impact tant sur la vie personnelle que professionnelle, alors structurées autour d'examens médicaux. Un accompagnement bienveillant avec différents traitements est essentiel pour rassurer les personnes hypocondriaques.

Des symptômes… ou pas

Parfois considérée comme une maladie imaginaire, l'hypocondrie est la « préoccupation centrée sur la crainte ou sur l'idée d'être atteint d'une maladie grave, fondée sur l'interprétation erronée par le sujet de symptômes physiques ou de manifestations du fonctionnement corporel », selon l'avant-dernière version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-4). Le terme d'hypocondrie a par la suite disparu dans le DSM-5, pour laisser place aux deux diagnostics de « trouble à symptomatologie somatique » et de « crainte excessive d'avoir une maladie ».
Pour le premier, il existe un ou plusieurs symptômes somatiques (liés au corps) qui causent la détresse ou entraînent une altération significative de la vie quotidienne, alors que dans le second, il n'y a aucun symptôme ou seulement des mineurs.
Comme l'explique un article publié dans la Revue médicale de Liège de 2023, il peut s'agir d'une mauvaise interprétation des fonctions corporelles comme les battements cardiaques, le transit digestif ou la transpiration, des perturbations physiques mineures telles qu'une plaie ou une toux occasionnelle, ou de sensations vagues et ambiguës comme des « veines douloureuses ». Les auteurs de l'étude rappellent que la peur du patient reste même après avoir été examiné par un professionnel de santé n'ayant trouvé aucune affection médicale.

Anxiété et traumatismes

La personne hypocondriaque pourrait avoir des pensées, émotions ou comportements excessifs ou disproportionnés, accordant beaucoup d'attention à ses sensations corporelles, en surestimant leur danger ou en les interprétant de manière erronée, ce qui contribue à générer ou maintenir un degré important d'anxiété. Celle-ci est particulièrement sévère, durable et incapacitante. L'hypocondrie peut se déclencher à tout moment, par exemple face au décès d'un proche, et se manifester tout au long de la vie. De nombreux facteurs de risque – génétiques, psychologiques, sociaux ou environnementaux – pourraient être en cause, dont les antécédents de maladie grave, d'abus ou d'expériences stressantes ou traumatisantes, notamment durant l'enfance.

Traiter l'hypocondrie

La prise en charge des patients hypocondriaques peut s'avérer compliquée. Il arrive que ces derniers se sentent incompris et non pris au sérieux par les professionnels de santé qui ne détectent aucune maladie physique ou renvoient leurs symptômes vers une origine psychologique. En outre, il existe d'autres affections, tel que l'épisode dépressif majeur, qui peuvent également s'accompagner de cette inquiétude au sujet de la santé. L'indice de Whiteley ou l'échelle d'attitude vis-à-vis de la maladie permettent, entre autres, aux médecins de questionner leurs patients pour détecter et évaluer cette anxiété. Les traitements tourneront par la suite autour de la réduction de la détresse, avec de la psychothérapie dont la thérapie cognitivo-comportementale, des antidépresseurs et des techniques de relaxation. Enfin, il est recommandé d'éviter de tomber dans la « cybercondrie », soit le fait de rechercher de manière effrénée des informations sur Internet au sujet des symptômes et maladies potentielles.

M.G
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