L'assurance perte d'emploi, une protection utile ou superflue ? - Minizap Pays Voironnais
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L'assurance perte d'emploi, une protection utile ou superflue ?

En ces temps d'incertitude, il est tentant de multiplier les couvertures privées. L'assurance perte d'emploi vous promet notamment de compléter les indemnités de Pôle emploi pour limiter la perte de rémunération. Mais est-ce réellement avantageux ? Focus.

Le spectre du licenciement fait trembler bon nombre d'actifs. Car si certains secteurs permettent aux salariés de changer d'entreprise sans jamais craindre la précarité, d'autres laissent en revanche sur le carreau d'innombrables travailleurs… Ceci dit, les allocations-chômage versées par Pôle emploi sont justement là pour ça ! Il n'empêche, certaines compagnies d'assurances se proposent de compléter cette enveloppe.

Ne pas tout confondre

Très peu développé en France, le marché privé de l'assurance perte d'emploi comporte deux types de produits bien différents. Le plus souvent, c'est à l'occasion de leurs démarches pour obtenir un prêt immobilier que les particuliers entendent pour la première fois parler de ce genre de couverture. Cette option fait en effet partie des garanties proposées dans le cadre de la fameuse assurance emprunteur, incontournable pour l'accession à la propriété. L'objectif est ici de couvrir les mensualités de remboursement du crédit dans l'éventualité où vous perdriez votre emploi.
Mais ce que l'on sait moins, c'est qu'il existe également des offres indépendantes de tout achat immobilier. Également appelés assurance perte d'emploi ou assurance chômage, ces contrats visent tout simplement à compenser une baisse de revenus, en complément des indemnités légales versées par Pôle emploi.

Gare aux cas d'exclusion

À première vue, il semble plutôt judicieux de se prémunir contre les conséquences financières du chômage lorsqu'on travaille dans un secteur en crise. Sauf que les conditions d'accès sont souvent très strictes. Que la couverture soit ou non liée à un crédit immobilier, le CDI est bien entendu de rigueur, parfois même assorti d'une certaine ancienneté. De même, ces contrats ciblent les actifs les plus jeunes, en excluant en général ceux qui ont atteint la cinquantaine.
Plus encore, ce sont les modalités de rupture du contrat de travail qui sont limitées. Pour pouvoir bénéficier de cette prise en charge, il faut en effet avoir perdu son emploi de façon involontaire. En clair : il faut avoir été licencié, que ce soit dans un cadre économique ou pour motif personnel (insuffisance professionnelle, faute, etc.). Logiquement, la démission et la rupture conventionnelle ne sont donc pas couvertes, pas plus que la situation de chômage partiel (puisque le contrat n'est pas rompu).

Des indemnisations variables

Comme pour tout contrat d'assurance, il faut apporter une attention particulière aux modalités de franchise, de délai de carence et de plafonnement. La durée d'indemnisation par l'assurance est en outre nécessairement limitée dans le temps (6 mois, 1 an ou 2 ans selon les offres). Certains contrats d'assurance chômage pour un prêt immobilier imposent par exemple jusqu'à 6 mois de franchise à partir du licenciement. Durant cette période, ce sera donc à vous d'assumer vos mensualités de crédit.Coûteuse et peu attractive, cette assurance est d'ailleurs peu utilisée par les emprunteurs.
Quant à l'assurance perte d'emploi simple, elle s'adresse davantage aux actifs les plus aisés qui ont besoin d'un coup de pouce avant de rebondir. Rappelons en effet que les allocations-chômage atteignent en moyenne 79 % du montant des petits salaires, contre un taux d'environ 64 % lorsque le demandeur d'emploi gagnait plus de 3 000 € nets par mois. Dès lors, il peut être intéressant de souscrire une assurance pour maintenir son pouvoir d'achat. À raison d'une quinzaine d'euros par mois, vous pouvez par exemple obtenir une enveloppe mensuelle de 600 € pendant 6 mois maximum, mais seulement après avoir cotisé pendant 6 mois. De même, pour 26 € de cotisations mensuelles pendant au moins 1 an, un cadre pourra percevoir 500 € en plus de son chômage pendant 24 mois. À l'heure du choix, vérifiez donc que le coût en vaut la chandelle !

Julie Polizzi
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