La taille des fruitiers en gobelet, un problème à prendre à cœur - Minizap Pays Voironnais
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La taille des fruitiers en gobelet, un problème à prendre à cœur

Devenue la norme dans les vergers, la taille « en gobelet » a depuis longtemps redessiné la silhouette des arbres fruitiers. Si elle a pour elle de nombreux atouts, elle peut présenter un inconvénient majeur, celui de laisser le cœur de l'arbre à la merci des rayons du soleil. Or sa timidité, à fleur d'écorce, supporte très mal cette soudaine exposition.

Il est loin le temps où les arbres fruitiers mesuraient dix mètres de haut pour autant de large et offraient, en plus de leur production fruitière très généreuse, une ombre propice aux banquets des mariages. Désormais, les arbres fruitiers, portés par des porte-greffes nanifiant, ont perdu de leur splendeur. Plus petits, plus ramassés, ils sont taillés en gobelet. Une stratégie a priori pleine de bon sens, mais qui a peut-être, hélas, fait son temps. Car avec le réchauffement climatique, elle peut s'avérer mortifère.

Les bons côtés du gobelet

La taille des arbres fruitiers en gobelet consiste à favoriser le développement latéral des branches charpentières afin d'obliger la ramure à se développer vers l'extérieur et non vers le haut. La forme obtenue, plus large que haute, ressemble à un gobelet, avec des côtés en oblique et un sommet en plateau droit. Les branches centrales sont fortement éclaircies et raccourcies pour favoriser l'ensoleillement et l'aération, afin de limiter l'apparition des maladies cryptogamiques qui n'aiment rien tant que l'humidité et le confinement. Cette forme présente d'autres avantages indéniables : la majeure partie de l'arbre restant accessible depuis le sol, les travaux de taille, les traitements et la cueillette sont grandement facilités. Sur le papier, c'est donc parfait.

Une taille sacerdotale

Passons sur le fait que le gobelet nécessite des connaissances en taille fruitière qui ne sont pas à la portée du premier venu. Dans l'euphorie des coups de sécateurs, il faudrait voir à ne pas supprimer tous les bourgeons à fruits ! Il requiert en outre une intervention annuelle, en hiver sur bois nu ou en cours de saison, « en vert », afin de garder le contrôle du développement de l'arbre.

Halte au feu !

Mais à trop vouloir éclaircir le cœur des arbres, on a souvent tendance à l'évider purement et simplement, pour former, non plus un gobelet, mais plutôt un nid d'oiseau. En supprimant drastiquement les rameaux centraux qui d'ordinaire assurent l'ombrage de la charpente lorsque le soleil est à son zénith, on expose celle-ci à un ensoleillement direct intense. Par forte chaleur, il peut provoquer des brûlures de l'écorce et des tissus sous-jacents qui se traduisent par des nécroses du cambium, des fissurations et des craquellements. Or, là où le bois est mis à nu, la sève ne circule plus, réduisant de facto la vigueur et la productivité de l'arbre. Ces plaies béantes sont en outre la porte ouverte à toutes les agressions possibles : insectes xylophages, champignons pathogènes, pluie, moisissures, pour former au bout de quelques années, des points de faiblesse ou de rupture.

Tenez-le vous pour dit

Un vieil adage provençal concernant la taille de l'olivier dit : « les feuilles au soleil, le bois à l'ombre ». Avec le réchauffement climatique, ce principe devrait désormais s'appliquer à tous les arbres fruitiers, partout. S'il vous plaît, n'éclaircissez pas trop les branches centrales de vos arbres fruitiers !

Benoit Charbonneau
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