Tout comme les histoires d'amour, les oliviers taillés en niwaki finissent mal, en général. Car ce qui, à première vue, met élégamment l'arbre en valeur, en réalité, le tue à petit feu. Erreur fatale !
Le niwaki, c'est l'art japonais qui consiste à tailler les arbres en nuages. Les branches charpentières, entièrement mises à nu pour être mises en valeur, portent à leur extrémité un toupet de feuillage dense. L'effet, épuré et graphique, donne à l'arbre des airs majestueux de bonsaï géant. Si la technique sied bien aux résineux et à certains feuillus à l'écorce épaisse, elle n'est pas adaptée aux oliviers.
Coups de soleil et insolations
Bien que l'olivier soit méditerranéen d'origine, son écorce est sensible aux UV car elle est fine et peu protectrice. Une exposition directe et prolongée au soleil provoque des nécroses, la mise au jour du cambium et l'entrée des pathogènes. Gardez en tête cette maxime chère aux tailleurs d'oliviers : les feuilles au soleil et le bois à l'ombre !
Dans la moiteur des nuages
Pour maintenir la forme des pompons, il faut les tailler régulièrement à la cisaille, afin que le feuillage se densifie. Si bien que l'air y circule mal et l'humidité qui y stagne, de l'automne au printemps, favorise l'apparition des maladies cryptogamiques : l'œil de paon, le chancre, ou la fumagine, un champignon favorisé par la présence des insectes piqueurs. Elle recouvre les feuilles d'un voile noir et poisseux caractéristique qui altère dangereusement le cycle de la photosynthèse.
Des plaies béantes
Dernier point noir : les vieux oliviers taillés en niwaki ont souvent été arrachés en plein champ puis retaillés à la hussarde pour former les pompons. Les plaies engendrées, énormes, peinent à cicatriser et constituent des portes d'entrée pour les champignons lignivores et les insectes xylophages. De surcroît, les petites branches qui s'y insèrent en périphérie, mal ancrées sur une écorce instable, sont fragiles à leur base et sujettes à la casse. Tu parles d'une histoire d'amour !


