Semez la bourrache une fois, elle ne vous quittera plus ! - Minizap Pays Voironnais
Jardin

Semez la bourrache une fois, elle ne vous quittera plus !

La bourrache est une fleur annuelle que tout jardinier digne de ce nom devrait se targuer de cultiver. Car ses qualités sont nombreuses, la première étant sa capacité à se ressemer spontanément. Un petit semis précoce de printemps suffit à lui mettre la racine à l'étrier et à l'installer chez vous pour longtemps.

Comme son nom l'indique, la bourrache officinale a des vertus médicinales. Mais, ce n'est pas le propos de cet article, car on ne peut pas, hélas, parler de tout.

Utile au jardin...

La bourrache officinale (Borago officinalis) est une plante herbacée qui produit en masse des petites fleurs d'un bleu azur éclatant en forme d'étoiles à cinq branches, étalées en grappes allongées. Mellifères et pleines de nectar, elles attirent à elles bon nombre d'insectes pollinisateurs très utiles au jardin. Du haut de ses soixante centimètres de hauteur, elle buissonne allègrement, si bien que ses tiges dressées et ses feuilles hispides (c'est-à-dire velues) fournissent une matière végétale abondante, une biomasse bourrée d'azote et de potasse, excellente en paillage comme au compost, car elle active la décomposition et enrichit le sol.

comme en cuisine

Mais la plante est également comestible et exhale malicieusement un petit goût de concombre, inattendu et rafraîchissant. Les fleurs colorent les plats de crudités, tandis que les jeunes feuilles, bien qu'elles soient légèrement râpeuses, peuvent agrémenter et parfumer les salades, à condition de les avoir finement ciselées au préalable. Les feuilles âgées, devenues plus coriaces, se cuisent comme des épinards : en soupe, en omelette, en quiche, en farce… Attention toutefois à ne pas en abuser : la plante contient des alcaloïdes en faible quantité, ce qui impose une consommation modérée.

Annuelle, bisannuelle ou vivace ?

Sur le papier, la bourrache est une plante annuelle. Mais comme elle se ressème naturellement et qu'elle est plutôt rustique, les semis d'automne se comportent comme ceux d'une bisannuelle. Les plants passent l'hiver en rosette, reprennent très tôt au printemps pour refleurir dès le mois de mars, alors qu'un semis de printemps accomplit son cycle complet dans l'année et fleurit en avril, mai ou juin. La bourrache se ressème si généreusement qu'elle donne l'illusion d'une plante vivace puisque les jeunes plantules ne reparaissent jamais bien loin du pied mère. Pour autant, elle n'est pas envahissante, et les quelques pieds indésirables sont faciles à arracher. Tout l'intérêt consiste donc à laisser la plante se ressemer par elle-même, afin de profiter de semis aléatoires, qui s'étalent et se succèdent cahin-caha, durant toute la saison. Ce ballet de générations se perpétue ainsi sans intervention, garantissant des fleurs de mars à novembre. Seuls l'hiver et les étés chauds marquent une pause dans cette production quasi ininterrompue.

Une précocité mise à l'abri

En pleine terre, la bourrache se sème classiquement d'avril à juin. Mais en anticipant dès février-mars sous abri non chauffé, on gagne deux à trois mois de précocité. La germination s'effectue en 7 à 10 jours à une température de 13 à 18 °C. Semez en godet une à deux graines par pot car le repiquage est délicat. Lorsque les plants portent 2 à 4 vraies feuilles et que le sol est suffisamment réchauffé, repiquez-les en pleine terre en les espaçant de 30 cm en tous sens. La bourrache n'est pas exigeante : campée sur un système racinaire solide, elle accepte tous les sols pourvu qu'ils soient bien drainés.

Bleue, blanche ou les deux ?

Si la fleur de la bourrache est généralement bleue, il existe cependant une variété à fleurs blanches (Borago officinalis « Alba »), plus rare mais tout aussi mellifère et comestible. Les deux se cultivent exactement de la même manière et peuvent se mélanger pour un effet plus dynamique au jardin.

Benoit Charbonneau
Photos liées à l'article
© Benoit Charbonneau
© Shutterstock / City Presse
© Shutterstock / City Presse
Jardin

Pas besoin de tête, pas besoin de jambes !

Quand on n'a pas de tête, il faut avoir des jambes ! Ce vieux dicton de jardinier distrait n'est plus d'actualité. Jardiner assis plutôt qu'à genoux, sans perdre ses outils, sans pour autant s'encombrer, c'est la promesse de ce ta...
Lire la suite
Pas besoin de tête, pas besoin de jambes !
Jardin

Enterrer le bois de palette

Au jardin, les constructions en bois de palette ne sont guère durables dans le temps, surtout lorsqu'elles sont destinées à être enfoncées dans le sol. On frise alors l'art éphémère... Erreur fatale !
Lire la suite
Enterrer le bois de palette
Jardin

L'hibiscus des marais, trop joli pour être adapté à nos jardins ?

Si cette année vous avez succombé aux charmes indiscrets de l'hibiscus des marais et planté l'un d'eux dans votre jardin, après cet été caniculaire, il y a deux options : soit il est mort ou moribond, soit c'est vous qui le serez ...
Lire la suite
L'hibiscus des marais, trop joli pour être adapté à nos jardins ?