Tomate et mildiou, une vieille querelle de voisinage qui s'est envenimée - Minizap Pays Voironnais
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Tomate et mildiou, une vieille querelle de voisinage qui s'est envenimée

Tomate et mildiou sont des vieilles connaissances qui coexistaient pacifiquement sur leurs terres natales sud-américaines. Mais les conditions climatiques du vieux continent, très propices au développement du second, ont malheureusement changé la donne. Voici l'histoire d'un vieux compagnonnage qui finit en eau de boudin.

Avant d'être domestiquée au Mexique quelque cinq siècles avant notre ère, la tomate est née sur les versants arides de la Cordillère des Andes. À l'origine, c'est un buisson sauvage lianescent, rampant, vivace (oui, oui, j'ai bien dit vivace !), profondément enraciné dans des sols pauvres mais bien drainés. À cette latitude quasi équatoriale, le soleil brille douze heures par jour toute l'année et le froid nocturne est compensé durant le jour par une forte luminosité. Rien à voir donc avec les jours à rallonge qui caractérisent la période estivale durant laquelle nous la cultivons ici. Et ce n'est pas seulement là que le bât blesse !

Des voisins de palier

Dans ses vallées andines natales, la tomate avait un voisin de longue date : Phytophthora infestans, l'agent du mildiou. Les deux ont évolué ensemble pendant des millénaires en cohabitant pacifiquement, non par aménité, mais parce que le climat imposait ses règles. Sur ces versants, les pluies tombent en averses brèves, l'air est sec entre deux épisodes et le feuillage sèche rapidement. Pas d'humidité sur les feuilles pendant quatre à huit heures à une température comprise entre 10 et 25 °C. Une conjonction propre à nos latitudes, sans laquelle l'épidémie foudroyante ne peut avoir lieu.

Nouveaux horizons, nouvelles tensions

Or, voilà qu'au XVIe siècle, la tomate débarque en Europe. Pendant trois cents ans, elle y pousse sans croiser le mildiou qui la rejoint finalement au milieu du XIXe siècle, vraisemblablement dans un chargement de pommes de terre contaminées. Les deux compères se retrouvent donc sous un nouveau climat et le Phytophthora s'y adapte mieux. Les nuits tièdes estivales, les orages et les indispensables arrosages sont autant de conditions idéales. Pire, à partir des années 1990, des souches plus agressives encore arrivent du Mexique. Le vieux voisin devient irascible, et la querelle larvée devient guerre ouverte. Voilà pour la petite histoire, et il faut donc faire avec.

Prévenir faute de pouvoir guérir

Il n'y a hélas pas de traitement curatif contre le mildiou. Une fois déclaré, il se propage et les organes atteints (tiges, feuilles, fruits) sont irrémédiablement perdus. Tout repose donc sur la prévention. Elle commence en privant le mildiou de son carburant : l'humidité. Un « abri à tomates », sorte de toit transparent, supprime les projections de pluie sur le feuillage dans les régions exposées. En parallèle, l'arrosage doit être effectué sans aspersion, directement au pied de plante et plutôt le matin. Pour la prévention, le bicarbonate de soude (cinq grammes par litre d'eau avec quelques gouttes de savon noir) reste le meilleur compromis : économique, efficace, inoffensif, biodégradable. Il s'applique par pulvérisation toutes les deux semaines et après chaque pluie. C'est un fongistatique, qui modifie le pH de surface des feuilles et inhibe la germination des spores. Ainsi chacun peut rester chez soi et vivre en bonne harmonie.

Benoit Charbonneau
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