Tomates libres et tuteurage : un mariage à revoir - Minizap Pays Voironnais
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Tomates libres et tuteurage : un mariage à revoir

Vous avez planté vos tomates il y a quelques semaines ? Bonne idée. Vous avez décidé de ne pas pincer les gourmands ? Bonne idée. Et vous comptez les tuteurer comme d'habitude en les attachant à un piquet ? Aïe… Mauvaise idée car les deux techniques ne sont pas compatibles.

Sur les tomates, les gourmands sont les tiges secondaires qui poussent à l'aisselle des feuilles. Quand on les laisse en place, ils deviennent à leur tour une tige productive, capable de fleurir et de fructifier. On les supprime donc traditionnellement en les pinçant pour concentrer l'énergie de la plante sur la tige principale et obtenir des fruits plus gros, plus savoureux et plus précoces. En vérité, ils sont assez mal nommés car ce qu'ils « pompent » en énergie est compensé par la capacité de photosynthèse supplémentaire apportée par leur feuillage. En bref, les fruits sont à peine moins précoces, à peine plus petits et tout aussi savoureux.

Noyé dans la masse

Quand on « lâche » les gourmands comme on lâche les fauves, on se réjouit très vite de la fin des corvées de pincements. Mais on constate aussi assez rapidement que le tuteurage classique n'est pas conçu pour ce type de culture. Il devient impossible d'attacher toutes les tiges secondaires au tuteur. Elles partent alors dans tous les sens, s'enchevêtrent et s'effondrent. Il faut donc adopter un système de soutien permettant à chaque nouvelle tige d'être soutenue. Pourquoi pas un nouveau tuteur par tige ? Logique, mais c'est une autre corvée qui vous tombe alors sur le dos, celle de la fixation des (multiples) tiges aux (multiples) tuteurs.

Bouts de ficelle et tricotage

Autre solution, entre deux solides et hauts poteaux, on tend au-dessus des pieds de tomates un fil sur lequel on attache des ficelles que l'on noue lâchement au pied des plants. Chacune d'entre elles servira de support à chacun des gourmands que l'on enroulera autour au fur et à mesure de sa croissance. Simple, rapide, peu coûteux, ce système nécessite néanmoins une structure porteuse sérieuse dont la mise en place doit être étudiée. Et il a lui aussi sa corvée : enrouler les ficelles autour des tiges.

Retour à la station horizontale

En disposant des cageots entre la plante et le sol, on évite le contact des tiges et des fruits avec le sol, principale cause de pourriture et de maladies. On soutient aussi le port naturellement rampant de la plante. Pas d'attaches, pas de piquets, pas d'infrastructure : on glisse simplement les cageots sous les tiges au fil de la croissance.
Cette technique demande cependant de la place car un pied de tomate peut coloniser plusieurs mètres carrés. Elle convient donc aux (très) grands potagers ou alors aux variétés à croissance déterminée (" Roma ", " Tribeca ", " Rosso sicilian "…).

La cage aux folles

Fabriquées à partir de rouleaux de treillis soudé à larges mailles, formant un cylindre d'environ un mètre de diamètre pour deux mètres de hauteur, les cages à tomates restent le système le plus adapté. Le ou les plants (on peut en mettre deux par cage) y trouvent un espace de développement tridimensionnel : les tiges s'appuient naturellement sur la structure, dans toutes les directions, sans qu'il soit nécessaire de les attacher. Résultat : un buisson géant, extraordinairement productif. La technique convient particulièrement aux variétés vigoureuses et aux tomates greffées. Revers de la médaille : ces mastodontes végétaux, qui peuvent dépasser deux mètres de haut et peser très lourd en fin d'été, offrent une prise au vent considérable. Il est donc indispensable d'arrimer solidement les cages au sol.

Gare aux champignons !

Un feuillage dense et touffu retient l'humidité, terrain de jeu idéal du mildiou. En zones humides ou en cas d'été pluvieux, des traitements préventifs peuvent s'avérer nécessaires.

Benoit Charbonneau
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