En 2026, l'intelligence artificielle s'installe au cœur de nos smartphones. Samsung, Apple et Xiaomi rivalisent d'innovations pour transformer nos téléphones en véritables assistants autonomes.
Il y a encore deux ans, l'intelligence artificielle dans un smartphone se résumait à corriger une photo floue ou à suggérer un mot dans un message. La révolution des modèles génératifs comme ChatGPT ou Claude est passée par là et les géants de la tech ont franchi un cap : leurs téléphones ne se contentent plus de répondre, ils anticipent et agissent. La course à l'IA embarquée est devenue le principal terrain d'affrontement de l'industrie et le virage est spectaculaire. En 2025, plus de 370 millions de smartphones dotés d'IA générative se sont vendus dans le monde, soit une hausse de 73 % en un an selon le cabinet IDC. D'ici 2029, près de 70 % des téléphones en circulation intégreront cette technologie.
Samsung ouvre la voie
Samsung a pris les devants avec le Galaxy S26, qu'il présente comme le premier téléphone « agentique » : un appareil qui ne se contente plus d'attendre les instructions, mais qui comprend le contexte et propose des actions de lui-même. Ce smartphone s'appuie sur trois moteurs d'IA simultanés : Google Gemini pour les tâches complexes, Perplexity pour les recherches web et Bixby pour les opérations locales.
La fonction Now Nudge anticipe les besoins depuis le clavier : si un ami demande les photos d'une soirée, le téléphone les identifie et les propose sans changer d'application. Now Brief fournit chaque matin un résumé personnalisé des rendez-vous et rappels importants. Plus spectaculaire, Gemini peut enchaîner des actions entre plusieurs applications en arrière-plan : lire les suggestions d'un groupe de discussion, ouvrir une application de livraison, sélectionner le restaurant et passer commande, le tout sans intervention de l'utilisateur.
Apple cherche la bonne formule
Apple, qui reste très discret dans le domaine des modèles génératifs, joue une partition différente. La firme de Cupertino mise sur la confidentialité comme argument principal avec son système Private Cloud Compute, conçu de telle sorte que même Apple n'a pas accès aux données qui y transitent. Apple Intelligence propose déjà des outils d'écriture, la retouche photo par IA et la création d'emojis personnalisés. Mais le vrai tournant se prépare en coulisses : Siri, alimenté par les modèles Gemini de Google dans le cadre d'un accord estimé à un milliard de dollars par an, doit devenir capable de comprendre le contexte de l'écran et d'agir dans les applications au nom de l'utilisateur.
La Chine en embuscade
Du côté chinois, Xiaomi avance avec une stratégie d'intégration verticale ambitieuse. Lei Jun, son fondateur, a annoncé un investissement de 28 milliards de dollars sur cinq ans pour développer puces, système d'exploitation et modèles IA maison. L'assistant Super Xiao AI permet déjà d'éditer une photo en décrivant le résultat souhaité en langage naturel ou de traduire un appel téléphonique en temps réel. En coulisses, Google orchestre l'ensemble avec Gemini, devenu le moteur IA commun à Samsung comme à Apple.
À la recherche des usages
Reste une question de fond : ces promesses changeront-elles réellement le quotidien ? Selon l'IAPP, 81 % des consommateurs craignent que les données collectées par l'IA soient utilisées d'une manière qu'ils n'avaient pas anticipée. Le traitement local progresse, avec 60 % des tâches IA désormais exécutées directement sur la puce du téléphone contre 20 % il y a trois ans, mais les modèles les plus puissants nécessitent toujours un passage par le cloud. Cette course a aussi un coût : Counterpoint Research prévoit une hausse des prix des smartphones pouvant atteindre 30 % rien que cette année, portée par la pénurie de composants mémoire captés par les centres de données dédiés à l'IA.


