Caractérisé par un schéma durable d'instabilité dans les relations, l'image de soi, les humeurs, le comportement et l'hypersensibilité à la possibilité du rejet et de l'abandon, le trouble de la personnalité borderline est une maladie psychiatrique complexe qui nécessite un traitement thérapeutique particulier.
Borderline. Vous n'avez peut-être jamais entendu ce mot ou simplement dans des conversations se voulant humoristiques et stigmatisant les maladies mentales. Pourtant, il s'agit d'un trouble de la personnalité qui touche 2 % de la population en France, et particulièrement les femmes. Caractérisé notamment par une instabilité émotionnelle intense, des accès de colère, des mises en danger de soi et une forte impulsivité, le trouble de la personnalité borderline est une pathologie psychiatrique clairement définie et dont le traitement consiste en des thérapies spécifiques.
Des signaux qui passent parfois inaperçus
Peu connu et rarement médiatisé, le trouble borderline fait pourtant partie des dix troubles de la personnalité (paranoïaque, narcissique, antisociale…) dont les principaux signes sont recensés dans la classification internationale des maladies (CIM-11) de l'Organisation mondiale de la santé.
Il se caractérise surtout par une impossibilité à réguler ses émotions, entraînant des crises émotionnelles intenses et une sensation de « débordement ». À cela s'ajoutent une peur ancrée du rejet et de l'abandon, une sensation de vide intérieur profond, des difficultés à contrôler sa colère ainsi qu'un besoin de fusion dans les relations (amicales, amoureuses, etc.) entraînant souvent des situations chaotiques. On note encore des symptômes beaucoup plus graves, tels qu'une grande impulsivité, pouvant mener à des comportements dangereux pour soi (usage de drogues, consommation exagérée d'alcool, auto-mutilations…), des pensées suicidaires récurrentes causées par une détresse émotionnelle extrême et des épisodes dépressifs récidivants.
Il faut au moins cinq de ces neuf symptômes pour que le trouble de la personnalité borderline soit caractérisé. Le plus souvent c'est un psychiatre qui pose le diagnostic. Mais les symptômes, pouvant être confondus avec de l'hypersensibilité ou un état dépressif, retardent souvent la prise en charge thérapeutique.
Des traumatismes liés à l'enfance
Les causes de cette maladie psychiatrique ne sont pas encore bien connues. Si la littérature scientifique évoque des prédispositions génétiques et des facteurs biologiques (augmentation de la réactivité de l'amygdale – une zone du cerveau impliquée dans les émotions – et des modifications au niveau des neurotransmetteurs cérébraux), les événements traumatisants survenus dans l'enfance font consensus. Maltraitance, violences sexuelles, négligences, abandon, perte d'un parent très jeune sont en effet autant de situations qui sont à l'origine du trouble de la personnalité borderline.
Le travail thérapeutique indispensable à la stabilisation
Bien que la gravité de cette pathologie diffère selon les personnes, les périodes de répit, c'est-à-dire sans émotions intenses, sont rares, et le risque de suicide est élevé. Il n'existe pas de traitement médicamenteux pour guérir du trouble borderline. Les antidépresseurs, anxiolytiques ou les régulateurs de l'humeur peuvent néanmoins soulager et réduire certains symptômes, tels que l'anxiété, l'impulsivité, l'instabilité des émotions, la colère, les idées de persécution, etc.
En revanche, des thérapies ciblées ont démontré leur efficacité, permettant de stabiliser le trouble, voire de réduire drastiquement les symptômes sur le long terme et permettant de retrouver une vie sociale et professionnelle stable. Parmi elles, il y a d'abord la thérapie comportementale dialectique (TCD) dont l'objectif est d'obtenir les clefs nécessaires à la régulation émotionnelle avec des exercices pratiques. Seul bémol : si cette approche est la plus efficace pour traiter le trouble de la personnalité limite, peu de psychologues y sont formés en France pour l'instant.
D'autres thérapies comme celle des schémas peuvent aider. Cette dernière aide à décortiquer les schémas cognitifs ancrés et à transformer les croyances des personnes sur elles-mêmes. Enfin, l'EMDR (une technique basée sur les mouvements oculaires) contribue également à la stabilisation des personnes borderline en travaillant sur le stress post-traumatique causé par des événements marquants.
En tous les cas, il n'existe pas de remède miracle, le travail thérapeutique est long (plusieurs mois, voire années), mais les bénéfices à long terme sont avérés et permettent de garder espoir.
Vous souhaitez plus d'informations sur le trouble de la personnalité borderline ? Rendez-vous sur le site de l'Unafam, l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques.


