Santé

Compléments alimentaires : gare au curcuma

Vanté pour ses vertus anti-inflammatoires naturelles, le curcuma n'est toutefois pas sans risques s'il est consommé sous forme de compléments alimentaires. Suite à plusieurs signalements d'hépatites suspectes en France et en Italie, les autorités de santé appellent à la vigilance.

Que ce soit pour votre confort articulaire, apaiser votre peau ou encore soulager vos troubles digestifs, vous misez sur les bienfaits des plantes et notamment, ceux du curcuma. Utilisé dans la médecine ayurvédique traditionnelle, il est une véritable panacée… À condition toutefois d'être consommé avec modération. Sa substance active, la curcumine, est en effet impliquée dans une quarantaine d'hépatites et plus de cent signalements d'effets indésirables, d'après l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). On fait le point.

Un seuil de toxicité

Utilisé en cuisine sous la forme de tubercule ou, le plus souvent, de poudre à la belle teinte ocre, le curcuma ne représente pas le moindre risque sanitaire sous cette forme naturelle. En effet, même pour ses plus grands adeptes, le taux de curcumine ingurgité par jour s'élève ici à environ 27 mg, alors que la dose quotidienne admissible est de 180 mg pour un adulte de 60 kg. Vous pouvez donc sans crainte continuer à relever vos plats avec cette épice !
En revanche, vous devez vous montrer prudents avec les compliments alimentaires. La curcumine étant très peu biodisponible, certains fabricants ont modifié leur formule afin de la faire passer plus facilement dans le sang et d'augmenter ses effets. Or, la quantité de curcumine active dans l'organisme peut ainsi être trop élevée et provoquer une intoxication.

Comment éviter les effets néfastes ?

Si l'Anses recommande aux industriels de « fournir les détails des données de biodisponibilité de leurs produits afin qu'une dose maximale d'apport journalier spécifique puisse être définie », à ce jour, ces informations ne sont que rarement disponibles sur les emballages. Mieux vaut donc vous passer de compléments alimentaires à base de curcuma pour le moment, et vous rabattre sur sa forme naturelle en poudre. Par ailleurs, si vous souffrez de pathologies biliaires ou êtes sous traitements anticoagulants, anticancéreux ou immunosuppresseurs, mieux vaut éviter autant que possible la curcumine, qui pourrait altérer l'efficacité ou la sécurité de ces médicaments.

Lauren Ricard
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