Quand les inégalités de genre impactent la santé des femmes - Minizap Pays Voironnais
Santé

Quand les inégalités de genre impactent la santé des femmes

D'importantes disparités entre les sexes existent toujours dans le domaine médical. L'exclusion des essais cliniques, la stigmatisation ou la méconnaissance des spécifiés féminines continuent de mettre en péril la santé des femmes.

« En 2026, les femmes ne bénéficient que de 64 % des droits juridiques dont jouissent les hommes à l'échelle mondiale. Dans des domaines fondamentaux de la vie, notamment le travail, l'argent, la sécurité, la famille, la propriété, la mobilité et la retraite, la loi désavantage systématiquement les femmes », constatent les Nations unies à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars. Outre les stéréotypes de genre, les écarts de salaires, l'accès aux postes à responsabilité ou la représentativité politique, la santé est également touchée par les inégalités entre les sexes. Santé mentale et hormonale, maternité, contraception, stigmatisation, les femmes sont toujours victimes de traitements inadaptés ou de diagnostics tardifs.

Des traitements masculins

« Tous les médicaments comportent des risques pour tous ceux qui les prennent. Cependant, les femmes sont plus exposées à ces risques que les hommes et ont moins de chances de voir un traitement efficace », révèle une étude de 2017 publiée dans la revue Nature. Les femmes seraient ainsi moins bien prises en charge, ou plus sujettes à développer des effets indésirables que les hommes. Une des raisons principales expliquant cette différence serait « leur sous-représentation dans les études sur les mécanismes des maladies et leurs traitements ».
Spécificités hormonales et génétiques, changements physiologiques associés au cycle menstruel ou à la ménopause, usage d'un moyen de contraception, épigénétique, métabolisation des médicaments de manière distincte, les femmes sont physiologiquement différentes des hommes, et ce qui est observé chez les organismes masculins n'est pas forcément transposable à la gent féminine rappellent la professeure Severine Lamon et la chercheuse Olivia Knowles de l'Université Deakin dans un article pour The Conversation. D'ailleurs, certaines maladies, notamment cardiovasculaires, « se présentent différemment » chez les deux sexes, et peuvent alors moins bien être repérées chez les femmes.

Lacunes et stigmatisation

En 2020, seulement 5 % des fonds mondiaux de recherche et développement ont été alloués à la santé des femmes, avec 4 % pour les cancers féminins et 1 % pour les autres affections, portant notamment sur la fertilité, d'après une étude de 2024 publiée dans NRB. « Cette approche restrictive néglige un large éventail d'affections qui touchent les femmes de manière disproportionnée, notamment les maladies auto-immunes et les troubles dépressifs », est-il indiqué. Ainsi, un article de 2026 publié par Cambridge University Press note, dès son introduction, que les effets sur le cerveau de la ménopause, un processus physiologique pourtant naturel, sont toujours mal compris. Il en va de même pour l'endométriose : bien qu'elle touche une femme sur dix, elle « reste largement méconnue », son diagnostic prenant en moyenne 8 ans et 10 mois d'après la Fondation sur l'endométriose, les laissant alors « sans soutien adéquat » face aux symptômes durant cette attente.
Il arrive d'ailleurs que les professionnels de santé banalisent et minimisent les douleurs des femmes, et notamment de celles marginalisées, comme le montre une étude de 2025 publiée dans The Journal of Pain. Du reste, la précarité économique, touchant davantage les femmes, peut aussi leur faire renoncer aux soins. Quant à la santé mentale, si le système hormonal peut, particulièrement post-grossesse, avoir une incidence, ce sont surtout les éléments d'ordre psychologique, les responsabilités domestiques et familiales incombant majoritairement aux femmes, ou encore le harcèlement, les pressions sexistes, voire les violences, dont elles sont aussi les premières victimes, qui contribuent à un risque accru de troubles mentaux, dépressifs et anxieux.
Une meilleure prise en compte de la gent féminine semble ainsi nécessaire, tant dans la recherche que par le corps médical… il y va de la santé de la moitié de l'humanité !

M.G
Photos liées à l'article
© iStock / City Presse
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