Alors que les perturbateurs endocriniens sont partout, cela vaut-il vraiment le coup de les traquer dans nos salles de bains ? Publiée le 22 avril, une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) abonde en ce sens. Menée auprès d'une centaine d'étudiantes, l'expérience consistait à diminuer le nombre de produits cosmétiques utilisés (shampoings, maquillage, savon) durant 5 jours, en recourant à des alternatives sûres fournies par les scientifiques. La comparaison des dosages urinaires, réalisés avant et après ces 5 jours, montre une baisse significative des biomarqueurs d'exposition aux substances néfastes et notamment jusqu'à - 39 % pour le bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien classé comme « très préoccupant », interdit en France dans les produits de soin depuis 2005 et potentiellement reprotoxique.
« Nos résultats montrent que les produits cosmétiques contribuent à l'exposition à des substances associées à des risques pour la santé, et que cette exposition peut être réduite en utilisant moins de produits et en optant pour des produits d'hygiène et des cosmétiques dont ces substances sont absentes », conclut Claire Philippat, chercheuse à l'Inserm et dernière autrice de l'étude.


